Histoire de Saint-Loup

L’histoire de notre village

La commune de Saint Loup telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est qu’une petite partie de ce que l’on appelait sous l’ancien régime la paroisse de Saint Loup de Dareizé. L’homme est présent de façon certaine selon Bastien Dubuis archéologue dès le néolithique sur le territoire actuel de la commune. La période ne nous a pas laissé de trace visible hormis des noms de hameaux : Vindry, Goutte Vignole…. Néanmoins, le site fort connu et avéré de Miollan se trouvait sur le territoire de la commune avant 1840. La plus ancienne mention de Saint Loup, nous la trouvons dans une charte du cartulaire de l’abbaye de Savigny, datée de 963, où pour leur salut et celui de leur famille, un nommé Arulfe et sa femme font donation à l’abbaye avec réserve de l’usufruit de la moitié de l’église de Saint Loup avec son presbytère et de tout ce qui en dépend. Les culots sculptés qui soutiennent la croisée de voûte du clocher de l’église pourraient faire allusion à ce partage.

De tous les hameaux de la commune, Vindry dépendance de l’abbaye de Savigny puis des d’Albon,

connu pour sa chapelle du XVIIe siècle, est celui qui a donné au village ses plus belles pages d’histoire : – en 1070, Aymond de Lay étend ses possessions sur Vindry en compensation de la destruction de son château par Artaud, comte du Forez. Ce dernier avait détruit le château en représailles des exactions qu’Aymond de Lay exerçait sur les terres qu’il détenait de l’abbaye dans la région de Tarare. – en 1128, Aymond rend à l’abbaye les terres qu’il possédait injustement lors de l’entrée de son frère Ponce à l’abbaye. En retour, l’abbaye lui fait délivrer une somme de 2000 sols et un cheval de selle. – en 1413, Guichard d’Albon, qui commandait une compagnie sous les ordres du duc de Bourbon contre le duc de Bourgogne, est chargé de mettre en état les défenses des châteaux de Sain Bel, de Vindry et de Montrottier afin d’en augmenter les garnisons, pour opposer une résistance aux envahissements des Anglais et des Bourguignons. De ce glorieux passé, il ne reste pratiquement rien. En regardant de plus près, nous pouvons découvrir quelques vestiges du vingtain : une porte du XVIe siècle, une maison centrale ayant pour une partie toutes les dimensions d’un donjon, des fossés que l’on devine sous les jardins, des maisons traditionnelles de la Renaissance, un mur de fortification….

Dans la seconde moitié du XVIe siècle vivait Ysabeau de Sugny,

d’une famille originaire de Nervieux tombée en quenouille, et dont les sœurs Françoise et Jeanne ont épousé respectivement Claude d’Albon et Guillaume de Gadagne. Selon la légende, Ysabeau avait la particularité d’avoir deux têtes. Nous ne connaissons rien de son infirmité mais nous savons qu’elle possédait des biens fonciers importants à Saint-Loup qui à son décès furent hérités par son neveu et filleul Pierre d’Albon. En 1697, en réponse à l’intendant d’Herbigny, le curé Grange donne le nombre de 500 âmes précisant que celui-ci a baissé de 200 du fait des maladies et mauvaises récoltes et que les terrains de quelque considération appartiennent aux marquis d’Albon. Vers 1791 les villages de Saint Loup et Dareizé se séparent pour faire deux communes

En 1818, naissait Louise Perret fondatrice de la Congrégation des Petites sœurs de Jésus franciscaines

qui venait en aide aux orphelins et c’est à Vindry qu’elle fonda son premier orphelinat qui fut vite transférer à Saint Sorlin En 1840 Pontcharra ne se sentant pas bien avec Saint Loup demande et obtient le droit de s’ériger en commune

En 1944, les allemands cantonnés sur Tarare quittent la ville le 15 août.

Leurs colonnes sont harcelées sans cesse. Les soldats épuisés, découragés, affamés sont sur les nerfs. Les résistants du Commandant Mary (chef du secteur III) sont actifs. Des dizaines d’allemands sont tués. Du 8 avril au 20 août, 669 exécutions ont lieu en représailles, dont 52 au Pont de Dorieux. Les 21 et 22 août, le général Perrat, maire de Saint Loup est informé que des soldats allemands refluent. Il fait une rapide tournée des fermes et des habitations pour prévenir les habitants du danger, les jeunes hommes surtout. Le Pied de Vindry d’alors, les coteaux couverts de vignes, des jardins ouvriers en contrebas, pas de zone industrielle, des champs, une rivière pleines d’écrevisses. Des coups de feu qui proviennent de la voie ferrée. Un pont qui saute. Les soldats allemands rendus furieux abattent Jean Coucheroux, un Saint-Loupien dans son jardin, la bêche à la main. Deux autres civils sont abattus chez eux. Ils prennent 10 otages pour la nuit dont un jeune garçon de 15 ans. Ils seront tous assassinés, sans doute au petit matin du 22, d’une balle dans la nuque, froidement, à l’endroit même où est érigé le monument aux Morts du Pied de Vindry.

1914 – 1918 – Récit

Une fois terminées les cérémonies commémoratives de la guerre 14-18, ce tremblement de terre – dont nous subissons encore et pour longtemps les conséquences – s’effacera rapidement de notre mémoire collective pour rejoindre la geste des grands événements nationaux. Ces grands moments ont la particularité de faire oublier les hommes qui en ont été les acteurs avec leurs joies, leurs peines et leurs souffrances. C’est ce qui m’a guidé, avec l’idée de mieux connaitre le parcours, pendant cette période, des soldats dont le nom est porté sur le monument aux morts de 14-18 de Saint Loup. Cette compilation reste naturellement limitée et n’a pas la prétention d’être exhaustive. Elle peut cependant suggérer des pistes de recherche pour les personnes qui souhaiteraient aller plus loin.

Le parcours des vingt-cinq soldats dont il va être question est un raccourci saisissant de l’ensemble de cette période 1914-1918. Tout s’y trouve :

Les morts au combat avec bien souvent la disparition du soldat, les décès dans les infirmeries de campagne des suites des blessures reçues, les décès pour maladies contractées dans ce milieu hostile par des corps affaiblis (paludisme, grippe espagnole ….)

Les grandes périodes du conflit avec l’année terrible 1914 – particulièrement dans les Vosges – pendant laquelle une hécatombe inconcevable faisait que la moitié d’un régiment disparaissait en une journée (a St Loup, des soldats partis le 3.08.1914 étaient fauchés par la mitraille dès le 10.08) avec les grandes batailles (La Marne, l’Artois, la Somme, Verdun, encore la Marne….)

Quant aux hommes, ils peuvent être originaires de St Loup, originaires des villages environnants mais domiciliés à St Loup, suite à leur travail et ou leur mariage apparentés à des familles de St Loup ou y possédant un pied à terre occasionnel.

Pour cette recherche, je me suis appuyé sur :

  • les Archives Départementales du Rhône et de la Loire (Etat-Civil, Recensements, Fiches Matricules Individuelles……..)
  • les Historiques des Régiments engagés pendant cette période
  • les Historiques des Grandes Unités (Divisions, Armées……)
  • les Journaux de Marche et des Opérations des Régiments
  • des sites Internet tels que «Mémoire des Hommes», «Chtimist», etc……

Je dois attirer l’attention sur le fait que la chronologie de certains évènements n’est pas toujours homogène dans la mesure où des documents ont pu être rédigés – sur les mêmes faits – à des dates différentes, exploitant les éléments connus à ces mêmes dates.

J’ai repris sans interprétation autre que la logique les éléments ainsi collationnés. A ce sujet, il se doit d’être indiqué que la mention « Mort pour la France » n’apparait pas systématiquement. Cela résulte simplement de la non instruction de certains cas par les autorités de l’époque. La mention « Mort pour la France » est en effet accordée, suivant certaines conditions, en vertu des articles L488 à L492bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre. Ce manque administratif n’obère en rien le sacrifice consenti.

Mignard Jean-Jacques

Bulletins municipaux

Retour haut de page
X